BIOMASSE

On entend par ce terme venu des sciences naturelles la masse (le poids) de toutes les organismes vivants ou issus du vivant que l’on peut trouver (et peser) dans un périmètre de sol (ou de mer) déterminé. Il est possible de mesurer la biomasse d’un champ de maïs, de blé, d’une prairie amendée ou d’un hectare de forêts.

La biomasse d’un biotope (c’est-à-dire un milieu de vie homogène caractérisé par ses éléments physiques dont le sol, la pluie, la température. Ex : un champ de maïs, un étang) se distingue en biomasse végétale et biomasse animale, constituée de végétaux vivants (les arbres de la forêt, leurs racines, les herbages) ou morts (les feuilles tombées, l’humus) comme aussi d’animaux vivants ou leurs cadavres et restes squelettiques.

Dans notre analyse des ressources énergétiques liées à la biomasse, seule la biomasse végétale vivante de la forêt feuillue tempérée nous intéressera car productrice potentielle d’énergie.

Partons de ce que nous avons devant les yeux dans notre région : la forêt. Notre forêt feuillue tempérée à l’âge de 120 ans contient 315 tonnes de biomasse végétale (phytomasse) par hectare. Cette biomasse est aussi appelée biomasse des producteurs (Il y a aussi celle des consommateurs et celle des décomposeurs). Sa production moyenne par an est de 13 à 17 tonnes par ha et par an. Cela comprend le bois lui-même ainsi que les feuilles et les racines.

Le bois représente 8 tonnes de production par an dont environ 4 tonnes de bois d’œuvre. La forêt n’est pas le seul producteur de bois dans notre région : des haies vivaces bien conduites et les espaces arborées des voiries publiques sont une source importante de bois comme de multiples déchets ligneux recyclés pour la plupart. Il ne faudra plus les négliger dans un usage parcimonieux que représente leur énergie potentielle.

D’autres sources de biomasse peuvent être utilisées dont les productions agricoles en sont les principales : certaines céréales, les pailles, à titre d’exemple.

Sources : 1°Association universitaire pour l’environnement, La forêt, ses rôles, sa protection, son avenir,
Louvain la Neuve, 1986.
2°Anne Bary-Langer, La forêt, éd. du Perron, 1999
3° Marc Baudru, Forêt et sylviculture, Traitements de forêts, P.A.G.1989

Source : P. Duvigneaud, La synthèse écologique, Doin, 1980

Usages traditionnels de la biomasse forestière :

  • le bois d’œuvre pour menuiserie, ébénisterie, charpente, paletterie, constructions en bois, panneaux, agglomérés, pâte à papier, etc.
  • le bois de chauffe : en usage direct ou sous forme de charbon de bois;
  • la chimie du bois avec l’usine Lambiotte comme exemple régional.

Source : Christiane David, La chimie du bois et les fabrications dérivées, in Anne Bary-Langer et al.
Transformation, Utilisation et industries du bois en Europe, Ed. du Perron, 1999

Usages actuels de la biomasse forestière : outre ceux décrits ci-dessus:

  • le bois sous forme de pellets ou de plaquettes;
  • la méthanisation ou gazéification;
  • la cogénération.

Emploi de la biomasse végétale comme source d’énergie

L’emploi du bois de chauffage et du charbon de bois est bien connu. Des poêles ou chaudières à flamme inversée permettent de retirer jusqu’à 90 % de l’énergie du bois (chiffre commercialement annoncé), ce qui n’est pas le cas dans un poêle à bois traditionnel (40 à 50 %).

Il y a deux grands processus : le chimique et le thermique. Dans la région (Usine Lambiotte à Marbehan) le processus thermique est depuis bien longtemps connu : production de charbon de bois et de plus d’une douzaine d’autres produits appelés les pyroligneux réutilisés dans le processus chimique (acide formique, méthanol, etc).

A  Le pellet

Très fins déchets de bois reconstitués sous forme de petits cylindres par forte compression sans produit de collage ajouté.

Il permet un usage en continu d’une chaudière ou d’un poêle (Peu utilisée encore en raison de son prix, la bûche de bois reconstitué est de même type de fabrication en diamètre bien plus gros).

Le pellet peut être d’un emploi collectif mais le plus souvent son usage est domestique.

B  La plaquette

Broya de déchets quelconques de bois qui peut être utilisé vert ou séché. Sa production est très commune mais son emploi comme moyen de chauffe est encore timide.

C’est regrettable surtout par celui qui en fait une production importante mais abandonnée ci et là. C’est un énorme gaspillage. Il pourrait être depuis longtemps une source d’énergie collective considérable en usage continu dans nos communes forestières.

Sans doute certaines de celle-ci ont manqué le coche de ce moyen. Cette source d’énergie est aussi appelée bois-énergie. La plaquette pourra entrer dans la méthanisation et ainsi être valorisée.

C  Le charbon de bois


Usage récréatif et anecdotique sous nos latitudes.

La fabrication artisanale et antique du charbon de bois occasionnait une perte de plus de 60% d’énergie dans sa production.

Une faulde (meule de bois traditionnelle pour la fabrication du charbon de bois) perdait 75 à 80 % de son volume (Note de l’auteur).