EOLIEN

Lucéole SCRL s’est fixé comme premier objectif la participation à la réalisation du projet d’un parc éolien dans le site des Coeuvins à Habay.

1 La pertinence de l’éolien : Quelques chiffres

(Sources EWAE- APERE)
1 MWh = 1000 kWh = 0.001 GWh éolien permet d’économiser 0.476 t de CO2

Un ménage Wallon consomme en moyenne 3.5 MWh /an hors chauffage et transport.

-En Europe (qui n’a plus de charbon et  importe la plupart de son pétrole, gaz et uranium), nous sommes fin 2010 à 84 GWatt  de puissance éolienne installée avec un parc éolien de plus de 73000 machines essentiellement en Allemagne.  Cela représente une production de 180 000 GWh (soit un peu plus que ce que la Wallonie à elle seule consomme en énergie par an !)

-En Belgique, nous sommes fin 2010 à 0.911 GW d’éolien. Nous avons installé beau nombre de turbines ces 2 dernières années. Cela fait  10% de l’éolien européen et 44.5% de l’énergie renouvelable belge. Cependant cette belle progression ne nous amènera en 2012 qu’à moins de 5% de l’énergie électrique consommée en Belgique et de 1 % de la consommation totale d’énergie (pour rappel : on s’est fixe 13% d’énergies renouvelables d’ici 2020).

– En Wallonie,  nous sommes fin 2010 à 0.442 GW d’éolien soit 0,6% de l’éolien européen.

– Dans la province de Luxembourg, où le transport et la distribution de l’électricité sont les plus coûteux et où la densité de population est la plus faible, l’éolien ne représente que 0.034 GW soit 0.04% de l’éolien européen et seulement 3.7% de l’éolien belge !  Ceci s’explique en grande partie par une zone de survol de la défense nationale pour la partie centrale et nord de la province. Dans ce cadre, les gaumais et lorrains du sud de notre belle province, qui ne sont pas dans la zone de Tihange et Drogenbos, ont une carte à jouer maintenant. Ils en sont bien loin.

La pertinence de l’installation d’un parc éolien au site des Coeuvins est renforcée par les dispositions du « Cadre de référence pour l’implantation d’éoliennes en Wallonie : le choix se portera de préférence vers les sites où préexiste un CET, le long d’une autoroute, et permettra la valorisation de terrains communaux. Toutes ces dispositions sont rencontrées aux Coeuvins.

Lucéole Scrl a une vision globale avec des ambitions locales d’implication de citoyens, de développement de synergies locales, de promotion auprès de ses associés et du grand public. Elle a  en vue une utilisation rationnelle et responsable de l’énergie ainsi qu’une orientation vers l’utilisation d’énergies d’origine renouvelable. Cette utilisation rationnelle génèrera de manière équilibrée un bénéfice économique, social et environnemental permettant la réalisation de ce changement énergétique indispensable pour nous et nos enfants.

2 L’éolien : la faisabilité

Le Danemark arrive à 20% d’électricité d’origine éolienne en 2011 et prévoit 30% en 2012. C’est donc techniquement possible. Avec nos 1%, nous avons de la marge avant de rencontrer des problèmes de réseaux qui ne seraient pas encore résolus chez non voisins.

Les lignes à haute tension actuelles, les immeubles et le trafic routier ainsi que les empoisonnements sont de loin les causes principales de mortalité de l’avifaune bien devant les éoliennes qui ont par ailleurs leurs lignes de tension enterrées.

Cependant à ce sujet, la Gaume est dans un couloir migratoire. Par ailleurs Lucéole Scrl est particulièrement  attachée à la préservation de la biodiversité. La coopérative mettra tout en œuvre pour gérer ce paramètre important.  Elle compte d’ailleurs parmi ses coopérateurs des spécialistes en la matière.

Enfin pour le site des Coeuvins à Habay, projet prioritaire de Lucéole Scrl, une étude réalisée par la province  de Luxembourg  (GAPPER = Groupement d’acteurs provinciaux de planification des énergies renouvelables) a  placé le site en 6me place des  sites répertoriés au sud du pays.  Les critères principaux étaient l’impact paysager sur base de la carte « Feltz », l’impact écologique, le productible et la distance de raccordement. Au total 17 cartes d’analyse d’impact de ces critères dans la province ont été réalisées afin de retenir les meilleurs sites.

http://www.province.luxembourg.be/servlet/Repository/Annexe_A___Liste_sites_éolien.PDF?IDR=9213

3 L’éolien : la rentabilité

Comme le souhaite le « Cadre de référence pour l’implantation d’éoliennes en Région Wallonne », le parc des Coeuvins mettra en valeur plusieurs terrains communaux habaysiens. Sa rentabilité financière repose sur les atouts du site (un vent moyen nettement suffisant) ainsi que les dispositions réglementaires et décrétales actuelles garantissant aux sources d’énergie non polluantes des certificats verts.  Le plan financier de Lucéole Scrl sur ce projet est réputé solide, sans être trop optimiste, par les professionnels du secteur. Des hypothèses conservatrices démontrent un temps de retour sur investissement de l’ordre de 8 ans amenant à une rentabilité financière supérieure à 10 % l’an.

Sa rentabilité écologique repose sur l’économie de CO2 et des autres nuisances des énergies classiques qu’il faut acheminer au sud du pays par ligne HT ou autres transports routiers polluants.

En raison de leur durée de vie minimale (Le permis d’exploiter est octroyé pour 20 ans), les éoliennes auront non seulement généré un bénéfice patrimonial pour les coopérateurs de Lucéole Scrl, les citoyens ainsi que la ou les communes, mais également  économisé l’équivalent de 115 000 tonnes de CO2. C’est actuellement le seul moyen de production d’énergie renouvelable, dans notre région, qui puisse offrir une quantité électrique équivalent à la consommation résidentielle du pays, la Wallonie en particulier. Les autres sources renouvelables nous apparaissent moindre quoi qu’indispensables. Une installation hydroélectrique de 50 kw est remarquable. Une éolienne est de l’ordre de 3 Mw ! En panneaux photovoltaïques 300 Wc (Watt-crête), cela représente un hectare de panneaux pour un prix astronomique (De l’hypothèse de calcul de 12millions).

Un autre argument entendu couramment : les éoliennes ayant une production électrique intermittente, il faut les coupler avec des moyens classiques (à gaz ou à mazout par exemple) : oui, bien que les réseaux de production éolienne s’étendent à toute l’Europe et diminuent d’autant l’effet d’intermittence. Mais il n’y aurait pas d’éoliennes, les moyens classiques devraient fonctionner en tout temps, 24h sur 24. L’éolien quand il est productif en diminue donc d’autant la production de CO2. C’est tout bénéfice pour l’environnement et non le contraire quand les choses sont mal perçues.

4° Offshore ou Onshore ? En d’autres termes : éolien en mer ou éolien sur le continent ?

Nous ne trancherons pas le débat car les spécialistes eux-mêmes n’arrivent pas à le trancher.

Comparaison entre les deux méthodes :

Onshore : – Productible variable (vent plus faible et moins constant : 2250  heures efficaces annuelles).

  • Plus grande facilité de déplacement, de construction, d’installation et d’entretien. Le prix d’une éolienne revient à 1.600.000 € le Mw.
  • Raccordement au réseau haute tension plus court (10 à 12 km pour 250000 € le km de raccordement).
  • Certificats verts : 80 à 85 € le Mw.
  • Vente de la production électrique au prix du marché.

Offshore :- Productible plus élevé et constant (vent plus régulier : 3300 heures annuelles)

  • Contraintes mécaniques et techniques beaucoup plus lourdes, difficulté d’acheminement du matériel et de sa pose plus grande. Le prix d’une éolienne revient à 4.000.000 € le Mw.
  • Raccordement au réseau haute tension : plus de 35 km (Le Sandbank est à 30 km de la côte). Le gouvernement s’est engagé à prendre à sa charge 1/3 de la longueur du raccordement à concurrence de 25 millions d’€ maximum.
  • Le certificat vert est payé par le Gouvernement fédéral à 107 € le Mw garanti sur une plus longue période que l’onshore.
  • La production électrique : par un système de tolérance dans les écarts de production, le tarif de rachat de l’électricité Offshore est supérieur à celui de l’Onshore.
  • Troubles environnementaux du biotope marin
  • Surface d’exploitation très limitée et déjà encombrée.

Source des données offshore – onshore : APERe

Nota : l’ensemble de ces surcoûts liés à l’Offshore est pris en charge par le fédérale donc payé par le citoyen.

Le facilitateur éolien pour la région wallonne (APERe) nous écrit : « La combinaison de ces éléments fait qu’il est difficile de répondre à la question de la rentabilité comparée de l’onshore et de l’offshore. Quoi qu’il en soit, le développement conjoint de l’on- et de l’offshore s’inscrit dans un contexte général de mix énergétique nécessaire et encouragé par l’ensemble des Régions et le fédéral. Il s’agit d’atteindre les objectifs et engagements européens en matière de production renouvelable et de réduction des gaz à effet de serre. »

Lucéole Scrl s’inscrit entièrement dans cette perspective énergétique.

5 L’éolien : La biodiversité

Dans la vision citoyenne que s’est fixé volontairement Lucéole Scrl, cet aspect de la réalité est pris en compte et avec responsabilité. Nous ne désirons pas provoquer par négligence la perte des qualités naturelles de notre région et nous chercherons par tous les moyens à en préserver les plus beaux de ses joyaux. Nous sommes également conscients qu’il s’agira dans le cas d’éoliennes de grande puissance de réaliser « le grand écart » entre la conservation de la biodiversité régionale et l’indispensable réduction des gaz à effet de serre qui sont une des causes essentielles de perte de la biodiversité mondiale.

L’environnement naturel n’a pas à payer le plus lourd des tributs au développement éolien.

L’éolien représente une part de mortalité et des oiseaux et des chauves-souris (En regard des empoisonnements, des lignes à haute tension, de la pollution des énergies classiques, des bâtiments et du trafic routier : un taux bien moindre). Les rapaces et chauves-souris sont précieux dans notre belle région.  Lucéole Scrl souhaite recommander les meilleures pratiques connues et reconnues en Belgique mais aussi chez nos voisins afin de limiter au maximum le risque d’impact sur l’avifaune et les chiroptères.

Deux aspects nous paraissent fondamentaux :

  1. Les changements climatiques et leurs corollaires (empreinte écologique et GES)
  2. Le respect de la biodiversité locale et régionale.

Quelles que soient les difficultés de l’entreprise, nous voudrions n’être jamais infidèles ni à l’un ni à l’autre de ces deux aspects.

Une des causes essentielles de la diminution de la biodiversité est la perte des biotopes par modification et altération de l’espace rural et par l’urbanisation croissante. Les empoisonnements indirects en sont une autre cause tout aussi importante voire davantage. Nous reviendrons plus bas sur cette question. A traves une multitude de documents, commentaires et article divers, l’essentiel de nos réflexions est basé sur :

  1. Colloque international Milan royal, 17 & 18 octobre 2009, Montbéliard (http://rapaces.lpo.fr).
  2. Le séminaire national de Reims en septembre 2010 organisé par la Ligue protectrice des oiseaux (France)(www.eolien-biodiversité.com).
  3. J.P Jacob et al., Atlas des oiseaux nicheurs de Wallonie, Aves et Demna, Gembloux, 2010.

1 Les chauves-souris

La cause principale de mortalité des chauves-souris est liée à l’emploi des pesticides et insecticides, outre la disparition importante de leurs lieux de nourrissage. Le réchauffement de nombreuses grottes, cavités ou caves de vieux bâtiments en est une autre cause. Quant aux éoliennes, si la cause de mortalité ne semble pas encore bien définie, il semblerait qu’elle soit due à la surpression et la subite dépression de l’air aux alentours des pâles des machines. Les espèces sensibles sont : la pipistrelle(XXX), la sérotine, la noctuelle, trois espèces volant à hauteur du rotor des machines. Un programme informatique nommé Chirotech permet de les arrêter lors des périodes critiques de vagabondage de ces petits mammifères (Données Groupe Plecotus, Natagora et Séminaire de Reims en sept 2010). Lucéole Scrl soutiendra la mise en service de ce programme. L’éclairage des éoliennes, s’il n’est pas obligatoire, pourrait ne pas exister car les insectes sont attirés par les sources lumineuses et par voie de conséquence, les chauves-souris également.

Nous avons d’ailleurs inclus dans notre plan financier un temps d’arrêt des turbines pour les périodes critiques. Mais l’action ne s’arrêtera pas là et d’autres idées d’amélioration voient déjà le jour. Il est question de trouver une autre couleur aux pales des éoliennes (et oui) afin qu’elles soient moins attractives aux insectes que recherchent les chauves-souris.

Diagramme des périodes dangereuses

2° L’avifaune

Si les oiseaux sont nombreux dans notre région, ce sont essentiellement deux types d’espèces qui occupent notre pensée : les grands migrateurs et les milans.

Les grands migrateurs  ont trouvé la parade en s’écartant des parcs éoliens (Communication orale Natagora). Ils passent soit au dessus soit à côté. Nous y revenons plus bas plus bas dans l’analyse laissée par le séminaire national de Reims en septembre 2010.

La question particulière des Milans, Milan royal (Milvus milvus) et Milan noir (Milvus migrans) ne peut être éludée d’un revers de la main. Ce n’est d’ailleurs pas notre intention.

Nous nous basons sur deux grands séminaires et un document d’importance cités plus haut et qui ont étudié la question.

Nota : l’incidence des éoliennes sur l’avifaune a et fait encore l’objet de nombreuses publications. Le sujet est chatouilleux.

Importance du Milan royal

Quelle est l’importance du Milan royal comme espèce sensible, menacé et protégé? C’est une espèce endémique d’Europe occidentale et centrale (cela signifie que dans le monde, il n’existe qu’en Europe) avec une très petite population dans le Maghreb. C’est aussi un oiseau opportuniste et peu exigeant.

En Europe : nombre d’oiseaux estimés : 110 000 à 120 000. Nombre de couples : 18 à 24000 couples

Quelques pays :

  • Allemagne : 10 500 à 13 000 couples
  • Espagne : 2 000 à 2 200 couples;
  • France : 2 650 couples;
  • Gd Duché de Luxembourg : 35 à 50 couples;
  • Belgique : 150 couples.

Adrian Aebischer, Fribourg, Suisse, dit au symposium de Montbéliard.: « Si la régression s’est poursuivie ces dernières années en France et en Espagne, en revanche dans la plupart des régions allemandes les populations se sont plutôt stabilisées et dans 9 autres pays les effectifs ont continué ou ont recommencé à croître »

Et cependant, c’est également en Allemagne que l’éolien est le plus développé en Europe dans l’aire de distribution du milan !

Brève description : le Milan royal est un rapace diurne à l’envergure majestueuse (plus de 1.6 m) à la couleur roux-fauve, à la queue clairement en V. Il arpente le ciel avec lenteur et flegme repérant ses proies de très haut et loin comme la plupart des rapaces d’ailleurs. Quelque fois, il suit à 2 ou 3 mètres la charrue du cultivateur à la recherche des petits mammifères déterrés. C’est une espèce endémique européenne présente au printemps et en été dans nos régions et migrant en saison froide dans le sud de l’Europe. Vous trouverez plus amples explications dans le tout récent et excellent document de référence sur nos oiseaux nicheurs (Jean-Paul Jacob et alii, Atlas des oiseaux nicheurs de Wallonie, 2001-2007, Publication d’Aves et DEMNA, 2010) sorti de presse fin février 2011, en particulier aux pages 176-177. Il est migrateur, passe son hiver plutôt dans le sud de l’Europe et vient nicher plus au nord comme chez nous, en Allemagne ou Scandinavie. Sa longévité atteint les 10 ans. Il est reproducteur vers les trois ans.

Répartition du milan royal en Europe en 2008

Adrian Aebischer, Distribution et évolution récente des populations de Milan royal dans le Paléarctique occidental – résultat d’une vaste enquête, in Actes du colloque international, oct. 2009, Montbéliard.

Si la Belgique compte 150 couples nicheurs, l’Allemagne abrite à elle seule la moitié des couples nicheurs européens  pour un parc éolien de près de 23060 aérogénérateurs (deux éoliennes par couples !).

Les hollandais Stef van Rijn et Paul Voskamp ont étudié l’utilisation de l’habitat par les Milans royaux dans l’est de la Belgique (Colloque international de Montbéliard, 2009). Il en ressort que la région, qui a connu une perte importante de ses effectifs dans les années 2003 à 2005 par une chute de la reproduction, voit un excellent retour de l’espèce dans cette même région. Il n’y avait pas de parcs éoliens dans la région durant les années de réduction. Depuis, plusieurs parcs ont vu le jour : nous n’avons pas pu trouver vent de mortalité de Milans due aux éoliennes dans les cantons de l’est au milieu des sites de reproduction.

Nous voudrions mettre en exergue la motion du colloque de Montbéliard votée par l’assemblée (114 participants représentant 12 pays): « Lors du colloque international Milan royal à Montbéliard les 17 et 18 octobre 2009, les travaux présentés ont révélé la responsabilité des pesticides notamment anticoagulants et anticholinestérasiques sur le déclin de la population européenne particulièrement en France et Espagne.

  • L’assemblée fait le constat des contradictions entre la directive Oiseaux, le plan d’action européen « Enrayer la diminution de la biodiversité à l’horizon 2010 et au-delà » et les directives autorisant des pesticides, notamment les anticoagulants et anticholinestérasiques  à fort impact sur les oiseaux et la biodiversité.
  • L’assemblée demande que l’utilisation en plein champs des anticoagulants (difénacoum, brodifacoum, bromadiolone, chloramphacinone etc) soient interdits pour éviter la disparition en particulier du Milan royal, une espèce endémique européenne d’intérêt communautaire.
  • Plusieurs pays européens sont confrontés à l’usage d’appâts empoisonnés, utilisant des pesticides agricoles (ex : Carbofuran) afin de tuer délibérément des rapaces. Le Milan royal est particulièrement vulnérable. Il est nécessaire que les Etats membres de l’Union européenne prennent des mesures à l’encontre des coupables. »

Le Grand Duché de Luxembourg connaît une situation fort semblable à notre région : diminution de la population du Milan puis une augmentation de la distribution géographique de 43% en 12 ans avec de nombreux sites de reproduction alors même que l’éolien se développe chez nos voisins. Il n’y a pas de mortalité connue due aux éoliennes au Grand Duché.

Les menaces

1 Les empoisonnements (indirects ou volontaires) par les anticoagulants et autres produits (bromadiolone e.a) :

  • Espagne : 14 500 intoxiqués depuis 1990 pour 967/an;
  • France : 170 / an;
  • Allemagne : pas de chiffres;
  • Belgique et Gd Duché de Lxg : pas de mortalité connue.

Dans ses dernières actualités, la LPO (www.lpo.fr : actualités – Milan royal) cite : 9 cadavres de Milans royaux ont été découverts, probablement victimes d’empoisonnement (25/3/11) ; Campagne d’empoisonnement (à la bromadiolone) en Haute-Marne (16/3/11) ; Après le tir, le poison (8/2/11).

2 Les tirs : si certains pays de l’U.E. sont célèbres pour leur laxisme en matière cynégétique, les rapaces restent une cible privilégiée pour certains. Les mêmes actualités de la LPO : encore un Milan royal plombé ! 8/2/11 ; Un Milan royal plombé dans la Meuse 2/11/10. Ce ne sont que quelques découvertes car les auteurs de ces tirs ne viennent pas s’en vanter auprès des autorités. La même ligue dénonçait le 3 avril 11 les cas d’empoisonnements volontaires dont 28 Milans royaux en 2010 sans doute par le Carbofuran interdit en 2008 en France. Nous citons l’article : « Il est donc certain que ces empoisonnements correspondent à des actes volontaires dirigés contre la faune sauvage, et particulièrement contre ceux dénommés à tort comme « nuisibles », tels que les renards, les fouines, ou les rapaces, explique la LPO ». Fin de citation.

3 Les électrocutions : cause de mortalité bien connue et de longue date. L’auteur de l’article a pu voir un Milan royal empaillé tué par une ligne électrique de moyenne tension. Le cas ne touche pas seulement les grands rapaces mais tous les grands oiseaux. Ainsi, en 2010, à Ansart (Tintigny) ce ne sont pas moins de deux cigognes qui ont été électrocutées.

4 Les dérangements : actuellement, il n’y a de mesures de protection pour les nidifications forestières d’oiseaux rares qu’en ce qui concerne la cigogne noire et dans les bois soumis au régime forestier seulement. Il arrive, en particulier dans les bois privés, qu’un abattage détruise toute une nichée de ces oiseaux. Ainsi l’exploitation par le particulier du bois de chauffage se fait traditionnellement au printemps alors que la recherche des sites de nidification par les Milans est terminée, la construction des nids commencée, voire les couvées entamées. Des mesures sont à l’étude afin de prévenir ce danger. Les autorités auraient raison, si elles entendent protéger par tout moyen possible, le Milan royal (ou le noir), de prendre des décisions utiles en la matière. Nous les appelons de nos vœux. Il en est de même pour les dérangements causés par l’ouverture des forêts au public au moment des nidifications.

5 La modification du milieu agricole induit par les techniques modernes d’exploitation ainsi que par les décisions de la PAC est une des contraintes les plus lourdes en matière de distribution des Milans royaux. Le développement des champs de maïs en est une des causes.

Les éoliennes, vilipendées : que représentent-elles en définitive comme menaces objectives pour le Milan royal ? Chez nous actuellement, une menace potentielle. Mais s’agit-il d’une menace en termes de population ou bien d’individus même si le choc émotionnel du naturaliste qui observe en direct la mort d’un Milan par une éolienne est compréhensible et légitime ? Stef van Rijn et Paul Voskamp, déjà cités plus haut, étudient la question de l’impact sur les populations actuellement sans réponse. Comparé aux chiffres des empoisonnements servis à Montbéliard en 2009 (Par statistique comparée avec l’Espagne, les empoisonnements allemands pourraient être d’au moins 5000 morts annuellement), la mort par an de 125 Milans en Allemagne (chiffre donné au Colloque de Montbéliard) est bien moindre, loin s’en faut. Mais il faut éviter, autant que faire ce peut, cette strate supplémentaire de difficultés pour l’espèce.

Importance du Milan noir

Assez semblable au Milan royal, le Milan noir se caractérise par une envergure légèrement moindre (1, 40 m) une teinte générale plus sombre. Il n’a pas de taches claires à l’ubac des ailes. Sa queue, fourchue également, l’est moins que son frère royal : en vol plané elle semble coupée droite. Leurs mœurs sont également semblables. C’est un charognard davantage encore lié aux dépôts d’immondices que l’autre Milan. Animal protégé mais pas menacé de disparition, il est un des rapaces les plus répandus sur l’ensemble de la planète. C’est un ubiquiste. Pour ces raisons, il fait l’objet de moins de craintes face au développement éolien bien que dans le cas de sites de nidification, la problématique reste semblable.

Synthèse sur l’avifaune

La question qui se pose  n’est pas de savoir si oui ou non, il faut construire un parc éolien mais bien comment et surtout comment éviter le pire.

Le problème dans le rapport entre les éoliennes et les Milans aux environs du C.E.T (Centre d’enfouissement technique) à Habay est la proximité d’un des lieux de nidification important pour notre pays comme c’est le cas dans les cantons de l’est. L’attention devra être vigilante pour qu’il n’y ait pas d’installation ou de perturbations nuisibles aux animaux durant les naissances et l’élevage des jeunes. C’est essentiel.

En ce qui concerne le site des Coeuvins, la relative abondance des Milans est d’origine anthropique. Ces oiseaux sont attirés par la décharge du CET qui traite les déchets ménagers par compostage, ce qui la rend depuis peu moins attractive pour les Milans. Elle doit par ailleurs fermer dans 4 ou 5 ans. La pose de charniers confectionnés d’abats de volailles à distance sérieuse des sites de nidification des Coeuvins et régulièrement approvisionnés aura un pouvoir d’éloignement du meilleur aloi. D’autres mesures sont envisageables.

Ainsi, nous dirions qu’il est de la première importance de prendre la question des Milans, du Milan royal en particulier, et de leurs sites de nidification avec le plus grand sérieux afin d’assurer la pérennité des espèces sur notre sol et juguler d’éventuels dangers que pourraient présenter les éoliennes pour ces magnifiques oiseaux. Nous avons pu constater à la soirée de présentation de l’atlas des oiseaux nicheurs de Wallonie que le dialogue entre ornithologues et tenants de l’éolien citoyen et sérieux était largement possible et ouvert.

1) Le colloque international de Montbéliard consacré en octobre 2009 au Milan royal  (http://milan-royal.lpo.fr) vient de publier l’ensemble de ses actes, conclusions et motions. Ce colloque met en évidence un panégyrique de causes déterminantes pour expliquer la perte drastique des populations de Milans royaux en Europe. Si nous avons déjà cité plus haut quelques unes de ces causes, relevons-les dans un ordre décroissant d’influence:

  • Empoisonnement par des pesticides et anticoagulants essentiellement dans le nord de la France.
  • Destruction par le tir et autres procédés de chasse (piégeage et empoisonnement de « protection » du gibier) partout en Europe.
  • Dérangement dans les sites d’hivernage (Espagne e.a.)
  • Électrocution dans des lignes à haute tension.
  • Collision et accidents de circulation ou avec des constructions (bâtiments).
  • Destructions des nids par les exploitations forestières (coupes marchandes et de bois de chauffage) et les travaux forestiers ainsi que les perturbations liées aux activités de loisirs dans les bois aux abords les lieux de nidification.
  • Chocs avec des éoliennes (constatés essentiellement en Allemagne).

Selon Bota et al. (2005) la PAC est souvent considérée comme la cause principale de perte de biodiversité en Europe par modification profonde des biotopes : arrachage de haies, champs de maïs, pré fanage.

2) Le séminaire national de Reims (France) en septembre 2010 est une réunion d’acteurs de milieux différents. Y étaient présents les meilleurs scientifiques qui étudient le Milan et les chauves-souris ainsi que des promoteurs éoliens. Tous les documents de ce séminaire ne sont pas encore publiés. Nous les attendons.

Issues de ce séminaire, nous épinglerons des mesures à mettre en place pour les grands migrateurs comme les grues cendrées, les oies, les cigognes et autres. L’orientation générale des parcs est d’importance : une ligne longitudinale en parallèle au sens migratoire est préconisée. Pour éviter l’effet « barrière » des parcs éoliens trop longs, prévoir des « trous » de 1,3 km au centre. Les difficultés sont fortes la nuit. Mais par temps de brouillard, le risque de collision est minime car les éoliennes ne tournent pas. Les mesures préconisées par la DGOARNE (Jérémy Simar, SPW Demna) dans la révision du cadre de référence pour l’implantation des éoliennes en Wallonie sont claires : faire une distinction entre les trois phases biologiques des oiseaux (la migration, l’hivernage, la nidification) et pour chacune d’elles établir une évaluation différentielle. Il en est de même pour les chauves-souris attirées plus particulièrement par les milieux forestiers et leurs lisières : distance minimale préconisée ou faible intérêt chiroptérologique. Un guide des mesures de compensation et d’atténuation, collégialement élaboré, serait le bienvenu. Un guide qui reprendrait aussi des mesures à préconiser non seulement du côté éolien mais aussi dans les secteurs forestiers, agricoles et touristiques. La mesure serait complète pour une protection accrue des sites de nidification.

3) L’Atlas des oiseaux nicheurs de Wallonie : (J.-P. Jacob et al., Atlas des oiseaux nicheurs de Wallonie, Aves et Demna, Gembloux, 2010) n’est pas un document qui traite les rapports entre l’éolien et la biodiversité. Cependant, il est remarquable de constater que de plus en plus les paramètres écologiques et la biodiversité en général sont  pris en considération dans les milieux de l’ingénierie, de la construction, des voiries, de l’architecture. Le travail de fond des naturalistes n’est plus seulement une connaissance intellectuelle de la flore et de la faune « pour le plaisir des yeux ». Mais un grand ensemble de décideurs ont compris qu’il y avait lieu de tenir compte dans l’évolution de nos styles de vie occidentale de la NATURE afin de la respecter comme un des socles fondamentaux de notre propre vie humaine. En ce sens, l’atlas précité est une référence dans le sens de ce respect.

Relevons les conclusions à propos des Milans. Page 175, sous la plume de Jean-Paul Jacob, nous lisons la conclusion de l’article sur le Milan noir : « L’évolution ne peut être dissociée de celle des populations françaises et allemandes ; à ce titre, les diminutions enregistrées en Lorraine française et en Champagne attirent l’attention. A l’échelle régionale, la transformation des prés de fauche permanents en cultures intensives de maïs et d’herbe, les dérangements au nid, les collisions avec des câbles électriques et les intoxications (empoisonnements aux rodenticides ou appâts destinés surtout aux renards roux) sont autant de menaces. L’attirance pour les dépotoirs est un facteur de densification de la population,…. Toutefois, depuis le 1° janvier 2008, l’arrêt de la mise en décharge des déchets ménagers en Wallonie pourrait avoir une incidence sur les populations (nicheurs et estivants non-nicheurs). » Page 177, article sur le Milan royal de la main de Paul Voskamp et Stef van Rijn : « Si l’empoisonnement malveillant des rapaces est devenu rare en Wallonie, notamment dans les cantons de l’Est, un seul cas peut s’avérer dramatique comme l’a montré la mort de 12 Milans royaux près de Bullange, en 2003 (R.Dammen, com. Pers.). Il est probable que l’usage de rodenticides pour lutter contre les campagnols terrestres et les rats bruns en terres agricoles représentent un danger plus grand encore. De telles menaces peuvent être réduites par l’information et la sensibilisation. Ceci vaut aussi pour les dérangements des couples nicheurs, imputables aux travaux forestiers ou aux activités en forêt. »

4) Quelques avis :

Nous avions dans nos archives un document précurseur émanent de la Direction Générale des Ressources Naturelles et de l’Environnement (DGRNE devenue DGOARNE) intitulé « Effet de serre et changement climatique ». La DGRNE s’est commise en mars 1993 d’un document de vulgarisation de bonne tenue à une époque où la problématique des GES ne courrait que dans quelques cercles d’initiés. Le document démontre de manière pertinente la raison de l’élévation de température moyenne du globe par les GES  et ses conséquences qui sont les pertes de biotopes et donc de biodiversité. Et de mettre en avant la conscientisation personnelle, les efforts individuels mais aussi les énergies renouvelables qui pour l’auteur ont un bel avenir. Il ne croyait pas si bien dire. Nous le voyons près de 20 ans plus tard.

(Note de l’auteur rédactionnel : la perte de biodiversité engendre une perte non calculée, insidieuse, et grave de cultures humaines inféodées à ces biotopes en voie de disparition. Lire à ce propos : « Nés de la terre, les peuples en danger du monde, chez Art Dawdson).

Natagora, ASBL de défense de la nature, fondée en 1951, a proposé une carte des zones d’exclusion qui incite à la prudence pour les implantations d’éoliennes dans certaines régions. L’association a pris position en 2010 concernant la révision du cadre de référence pour l’implantation d’éoliennes en Région wallonne. Les chapitres principaux sont : planifier le développement, concentrer les installations, zonage du plan de secteur, les sites Natura 2000, zone d’importance particulière pour les oiseaux, impacts des éoliennes sur les chauves-souris, les études d’incidence, le suivi post installations, les compensations. (www.natagora.be/Lobbying/Prises de position générales/Position concernant les éoliennes)

A l’instar du séminaire national (France) de Reims en septembre 2010 et qui rassemblait tant des naturalistes, ornithologues e.a., que des techniciens  et des développeurs éoliens, nous croyons qu’il est de la plus grande nécessité de traduire les volontés et désirs des uns comme des autres dans un cahier de mesures appropriées, un guide en quelque sorte, qui soit le résultat d’un travail élaboré en commun avec les différents acteurs présents sur le terrain éolien comme celui de la biodiversité. Unilatéralement conçu, un tel guide ne fera pas l’unanimité. Collégialement élaboré, il aura bien plus de poids pratique.

En conclusion, nous désirons :

  • que soit anticipée la fermeture de la décharge des Coeuvins et ses conséquences,
  • que soit étudié le respect par l’exploitation forestière des sites de nidification du milan,
  • que soit pris en compte le dérangement par les activités de loisirs à proximité des aires de nidification,
  • que soient installées des placettes d’alimentation attractives pour les Milans (ex : abats de volailles),
  • que soient identifiées les aires de nidification comme base d’un périmètre de sauvegarde du milan,
  • que l’empoisonnement des micro-mammifères par les anticoagulants soit fortement limité voire interdit (ainsi que le plomb de chasse aux abords des sites de nidification),
  • qu’un consensus entre les acteurs soit trouvé entre les deux aspects environnementaux présents : la nécessaire diminution de notre empreinte écologique ainsi que la biodiversité.
  • que soient maintenus des milieux agricoles ouverts,
  • que soient maintenus un grand nombre d’éléments paysagers différents : haies, rangée d’arbres.
  • que soit mis en place le plan d’action européen, ses objectifs.

3° La flore et la végétation : à notre connaissance, il n’y a pas de risque lié à la végétation du site pressenti et des lieux d’implantation d’éoliennes aux Coeuvins où le CET a une influence certaine sur l’environnement. Notre attention sera portée à la conservation de nos mardelles.

5 L’éolien : l’impact sur  le voisinage

Réduire la pollution classique et les émissions de CO2 ou de produits radioactifs a certainement un impact positif sur notre sante à tous.

Tout le monde s’accorde sur le fait que des accidents type Tchernobyl ou les explosions de conduites de gaz sont de loin bien plus sévères que le pire mode de défaillance d’une éolienne.  A ce propos, l’actualité nous vient aujourd’hui du Japon. Cependant Lucéole Scrl sera attentive aux risques associés aux turbines et valorisera toute l’expérience acquise dans ce domaine.

En ce qui concerne l’acoustique, à Habay nous demandons que soit respectée une distance de 500m de toutes les habitations, ce qui réduit à moins de 40dB le niveau sonore par vent moyen, plus faible donc en toutes circonstances que le bruit autoroutier qui est de 44 dB (soit plus du double qu’une éolienne) dans des circonstances de trafic faible et par vent portant au seuil de la maison la plus proche. A Hachy, la mesure dans le village même et par trafic modéré donne 70 dB. En somme l’autoroute émettra toujours beaucoup plus de bruit que les éoliennes projetées. Elles seront inaudibles pour le voisinage. Par très grand vent, celui engendre un bruit de plus de 70 dB, ce qui rend inaudible tout autre bruit.

L’effet stroboscopique est largement pris en compte également afin d’éviter l’agacement de l’ombre portée et en mouvement, au besoin par arrêt de l’éolienne en accord avec les directives du cadre de référence éolien wallon : 30 minutes maximum par jour et 30 heures maximum par an.

L’éclairage lumineux des éoliennes, s’il n’est pas obligatoire, n’a pas de raison d’être.

La distance de 1500 proposée en France l’a été par le professeur Choucard, membre de l’Académie de médecine. La pertinence de ce chiffre n’a jamais été confirmée ni infirmée. L’AFFSSET (Agence française de sécurité sanitaire, de l’environnement et du travail) écrit en 2008 qu’il n’y a aucune donnée disponible qui permette d’observer des effets liés à l’exposition aux basses fréquences et aux infrasons générés par les éoliennes.

La dépréciation immobilière : les chambres notariales parlent d’une faible baisse de l’immobilier avant un projet et quelques semaines après son installation pour retrouver rapidement les prix initiaux.